Chefs d’entreprise, comment financer ses projets différemment ?

Le 18 août 2020 par Sophie Faubers | Reply
crowdfunding

Chef d’entreprise, vous savez déjà estimer votre besoin de trésorerie et calculer votre fonds de roulement ; votre business model tient la route ; et vous connaissez déjà les prêts professionnels et crédits de trésorerie classiques (facilités de caisse, escompte, découvert autorisé, affacturage, loi Dailly, crédits de campagne…).

Vous n’êtes néanmoins pas à l’abri d’une crise ou difficulté aussi exceptionnelle qu’imprévisible, et vous vous trouvez alors avec un soudain besoin de trésorerie. Il arrive aussi qu’on ne coche pas toutes les cases pour bénéficier des prêts classiques. Par exemple, votre projet innovant n’a pas séduit la banque ou face à votre profession libérale, les banques sont frileuses.

Il existe alors d’autres solutions de prêts à tenter.

Le crowdfunding pour financer une entreprise

Les financements participatifs sont aujourd’hui bien connus du grand public. De quatre types principaux (crowdlending, crowdequity, royalty crowdfunding et crowdfunding en dons contre dons), ils ont pour point commun la mise en relation de porteurs de projets avec des particuliers financeurs via des plateformes en ligne.

Depuis l’ordonnance du 30 mai 2014 et le décret qui a suivi 16 septembre 2014, ces plateformes de crowdfunding sont soumises à une réglementation assurant plus de transparence et une meilleure protection de leurs utilisateurs.

Le crowdlending

Si le crowdfunding fonctionne sur base de dons (avec ou sans contrepartie), le crowdlending est un prêt entre une entreprise et des particuliers devenant alors investisseurs.

Les plateformes de crowdlending permettent aux entreprises, généralement des PME et TPE, d’obtenir un prêt auprès de particuliers quand les banques bottent en touche ou demandent trop de garanties. Celui-ci devra donc être remboursé, contrairement aux dons. Ainsi, chaque mois, les particuliers investisseurs touchent la part du remboursement avec les intérêts du prêt qu’ils ont accordé.

A titre d’exemples, on pourra citer Pretup, Unilend ou Koregraf.

Pour les particuliers investisseurs, le risque est grand de ne pas récupérer son argent. Les taux sont par conséquent assez élevés, de 2 à 10% par an pour une durée maximale de 5 ans. Les entreprises sont donc sélectionnées. Pour la plupart, on exigera plus de 2 ans d’existence.

L’avantage réside donc dans la rapidité de ce financement. Sur Pretup, on observe que la plupart des projets validés sont financés en quelques minutes à quelques jours pour des montants très variables de 25 000€ à plus de 200 000€, aussi bien pour des projets de développement que de soutien de trésorerie.

Le crowdfunding

Le principal avantage du crowdfunding face au crowdlending tient dans la formule de dons, avec des contreparties éventuelles. L’argent ici donné ne devra pas être remboursé avec intérêts. C’est aussi là l’occasion de tester un « produit » (quelle qu’en soit la forme) avant de le mettre sur le marché, voir s’il est prêt ou devrait être modifié plus ou moins en profondeur. Cette formule est ainsi très prisée pour les projets vraiment avangardistes qui n’ont su séduire les banques et les plateformes de crowdlending. D’ailleurs, si celui-ci fonctionne, ce sera pour le porteur de projet un argument fort pour retourner voir les organismes financiers sceptiques et peut-être obtenir le prêt une première fois refusé.

En revanche, une stratégie de communication plus ou moins importante devra être mise en place pour en assurer le succès. La durée de la récolte se verra donc d’autant rallongée, et, autre inconvénient non négligeable, si la campagne ne récolte pas la somme demandée, les participants sont remboursés. Ce n’est donc pas la solution idéale pour un besoin urgent de trésorerie, mais elle peut s’avérer utile pour compléter un autre financement, voire lancer, à tâtons, un nouveau projet. Toutefois, ce faisant, on prend également le risque de se faire voler son idée… Ce choix doit donc être mûrement réfléchi.

Dans le crowdfunding, on trouve trois sous-catégories.

1. Le crowdfunding equity ou crowdequity

Le crowdequity permet au public participer à l’augmentation du capital social de l’entreprise. Les particuliers investisseurs achètent des titres sous forme d’actions ou des parts sociales de l’entreprise, à la manière d’une levée de fonds. Ce système est donc prisé des startups.

On pourra citer des plateformes comme Wiseed ou Anaxago.

Du point de vue de la réglementation, ces plateformes, inscrites à l’ORIAS, ont un statut de conseiller en investissement participatif (CIP). Elles proposent donc obligatoirement du conseil.

Si elles permettent des levées de fonds de plusieurs millions, elles opèrent en revanche une sélection drastique. Actuellement, elles sont donc en régression par rapport aux plateformes de crowdlending.

2. Le royalty crowdfunding

Le royalty crowdfunding repose sur une contrepartie financière. Des royalties seront en effet reversées chaque trimestre aux donateurs. Ce système convient particulièrement bien aux projets culturels.

Si My Major Company a été l’une des premières à proposer une contrepartie financière sur certains projets artistiques et culturels, ce modèle a été adapté au financement des entreprises par d’autres comme We Do Good.

L’avantage. La part reversée dépend des rentrées occasionnées par la vente du produit. Ces royalties sont une part du chiffre d’affaire. Le risque d’endettement est donc moindre que dans le cas du crowdequity. Plus attractive qu’un simple don, la réversion de royalties attire le public. Toutefois, le financement est limité de 10 000€ à 200 000 €.

3. Le crowdfunding par don contre don ou récompense

Le crowdfunding par dons est probablement la plus connue, grâce à des plateformes comme Ulule, KissKissBankBank, ou le pionnier américain Kickstarter.

Dans ce cas, l’entreprise crée sa campagne d’une durée limitée (60 jours en moyenne), directement sur la plateforme, et reçoit les fonds à l’issue de celle-ci, si l’objectif a été atteint. Au passage, elle reverse une commission à la plateforme jouant l’intermédiaire, généralement de 5 à 12% de la somme récoltée.

Si l’objectif n’est pas atteint, la somme est restituée au particulier investisseur. La campagne devra donc faire l’objet d’une communication travaillée, et même inspirante, notamment au travers des réseaux sociaux. Il sera également possible de motiver les donateurs par l’obtention d’une récompense en fonction de la somme qu’ils investiront dans le projet. Cette contrepartie devra toutefois rester symbolique, afin de ne pas trop impacter la somme récoltée au final.

A noter. Comme on l’a déjà évoqué, le principal avantage des crowdfundings de tous types se trouve dans la relative rapidité de la levée des fonds. Toutefois, comme pour un prêt classique, les projets feront l’objet d’une sélection, pour que les plateformes s’assurent de garder la confiance des donateurs. Certains projets n’aboutiront néanmoins pas, faute de communication ou d’avoir réussi à intéresser le public visé (taux de succès moyen 65%). Enfin, il existe un risque d’endettement inhérent à certains systèmes de rétribution (remboursement du prêt, versement de dividendes aux actionnaires, réversion d’une part du chiffre d’affaire…).

Si le projet ne peut être financé, mais que le chef d’entreprise est convaincu d’être face à une magnifique opportunité qui bien qu’impactante pour l’entreprise pourrait être rapidement rentable, une solution à étudier pourrait être la vente à réméré.

vente à réméré

La vente à réméré

La vente à réméré ou vente avec faculté de rachat concerne les biens immobiliers (et mobiliers de très grande valeur) et a l’avantage d’être rapidement mise en œuvre.

Il s’agit ici de mettre en vente un bien immobilier, par exemple, pour une durée limitée (5 ans maximum). S’il s’agit de son habitation, non seulement le vendeur continue d’y vivre (moyennant le versement d’une indemnité d’occupation), mais en outre il touche le montant de la vente (soit 41% à 75% de la valeur vénale du bien) qu’il peut alors affecter à son besoin urgent de trésorerie.

Cette solution représente une prise de risque puisqu’il s’agira d’être en mesure de racheter son bien dans le délai fixé par l’acte notarié (5 ans maximum), sans quoi l’investisseur devient propriétaire du bien.

Toutefois, dans le cas d’une petite entreprise face à une opportunité de développement à ne pas manquer ou, à l’inverse, menacée de faillite du fait d’une crise économique circonstanciée, cela représente un potentielle porte de sortie.

Il s’agira néanmoins d’être accompagné par un organisme fiable qui aura su choisir les investisseurs et s’assurera que la probabilité de rachat du bien par le propriétaire initial soit réelle et importante.

Une dernière solution de prêt non-professionnel pourra être encore envisagée, par exemple pour les professions libérales, si le dossier n’a pas été validé pour un prêt professionnel, ni sélectionné par les plateformes de crowdlending, et que la vente à réméré n’est pas adaptée à la situation de l’entrepreneur : le regroupement de crédits.

Le rachat de crédits

Avoir déjà plusieurs crédits personnels (consommation, immobilier ou autres dettes) est un facteur handicapant pour obtenir un prêt supplémentaire. Pour cela le rachat de crédits peut s’avérer une solution adaptée à différents types de situations financières et patrimoniales.

La raison en est simple. Ces différents crédits ont affecté (parfois dangereusement) la capacité d’emprunt, déterminée par le taux d’endettement de l’emprunteur – il représente en pourcentage, la part de crédits et charges fixes sur le revenu global. Pour baisser ce taux d’endettement, il faut donc diminuer les mensualités des différents crédits.

Le regroupement crédits est un prêt de substitution qui rassemble en une seule toutes les créances. En modulant la durée de ce prêt, il est alors possible soit de baisser le coût global du crédit, soit de baisser les mensualités.

En quoi cela peut-il être utile en cas de besoin urgent de trésorerie ?

Dans le cadre de ce rachat de crédits, une trésorerie supplémentaire peut être accordée. Son montant doit néanmoins représenter une proportion raisonnable du projet souhaité et respecter les capacités d’emprunt du demandeur. Il ne s’agit pas d’un crédit à la consommation supplémentaire, mais d’une somme mise à disposition faisant partie intégrante du prêt qui pourra être allouée au projet.

Pour un rachat de crédits, on se tournera donc vers un organisme financier fiable et d’expérience, comme Partners Finances, expert depuis 1996 et pionnier du secteur en France.


Rubrique : Crowdfunding et financement participatif

Laissez un commentaire